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Le patrimoine architectural et mobilier des églises des Ardennes

La Région Grand-Est et le Département des Ardennes, en association avec l'Etat, ont lancé un large recensement du patrimoine mobilier des églises des Ardennes de 2011 à 2014.

L'inventaire général du patrimoine culturel, site de Châlons-en-Champagne, propose de les consulter en ligne sur le site :

http://inventaire-patrimoine.cr-champagne-ardenne.fr

ou dans les locaux du centre de documentation de d'information sur RDV uniquement : 03.26.70.85.93 (Direction de la culture, du patrimoine et de la mémoire).

 

Le château de Lûmes sort de la légende

La forteresse de Jean d'Aspremont se révèle un rarissime exemple d'architecture militaire du 15ème siècle....... Sous leur couverture herbeuse, les ruines du château de Lûmes dormaient paisiblement depuis la fin du 16ème siècle, hantées par les légendes ou les histoires concernant Jean d'Aspremont, autant seigneur que brigand, à l'époque où faisait rage la guerre entre la France et l'Empire. Leur sommeil aurait pu durer longtemps encore si en 1991, le conseil municipal ne s'était pas décidé à rectifier le tracé de la route devant la mairie et n'avait envisagé la construction d'une salle des fêtes et de sports, au beau milieu de cet espace vide au cour du village, qui était probablement l'ancienne basse-cour du château. Un programme de sondages, dirigé par le Service Régional de l'Archéologie fut effectué dans cette basse-cour la même année. Ces sondages révélèrent un important remblai contenant de très nombreux éléments issus de la destruction par le feu de bâtiments datant du début du 16ème siècle. Puis en 1994, le Service Départemental de l'Architecture des Ardennes fit procéder à une seconde intervention archéologique pour préciser la nature des structures recouvertes par la grand levée de terre de plus d'une centaine de mètres de long en forme de U très ouvert, et déterminer le périmètre du château en vue d'un classement à l'inventaire des Monuments Historiques.

D'autres sondages furent effectués l'année suivante, et enfin, pendant l'été 1996, deux campagnes de fouilles furent organisées par la Communauté de Communes avec l'Association « Concordia » : deux équipes de jeunes bénévoles venus de différents pays commencèrent le dégagement d'une partie des ruines.

Trois autres sites seulement en Europe

Aujourd'hui, il apparaît que ces ruines présentent un immense et rare intérêt historique, grâce à la galerie casematée, invisible de l'extérieur qui chemine sous l'ensemble de la levée de terre et qui constituait primitivement le rempart. Cette galerie percée à intervalles réguliers d'ouvertures de tir (canonnières) pour arquebuses est l'exemple le plus ancien que l'on connaisse dans la région de ce type d'architecture militaire apportant une réponse élaborée à la nouvelle artillerie à boulets métalliques apparue en France dans la seconde moitié du 15ème siècle. Elle permettait une circulation défensive au pied du rempart totalement dissimulée aux vues et aux coups de l'assaillant, depuis laquelle il était possible de pratiquer des tirs rasants sur tout le périmètre du château. Le principe d'une galerie courant à la base du rempart et faisant le tour du château n'est pas unique dans l'histoire des fortifications. On en trouve dans la région, par exemple au château de Montcornet, à la tour Milard des remparts de Mézières, au bastion des Dames du château de Sedan, etc.

Mais par son ampleur inégalée, par la qualité de sa mise en ouvre,par la précocité de sa construction, la galerie du château de Lûmes n'a d'équivalent actuellement qu'à la forteresse de construction espagnole de Salses dans les Pyrénées-Orientales et à la Rocca d'Ostie, forteresse papale à l'embouchure du Tibre. Un autre exemple est connu en France.

Pour le public

Au vu des résultats de l'étude historique et archéologique, il apparaît aujourd'hui que le château de Lûmes doit être non seulement conservé dans son intégralité mais au-delà remis en valeur parce qu'il représente un atout touristique non négligeable pour la commune comme pour le département. L'ampleur des vestiges révélée par les sondages mais actuellement masquée par une énorme quantité de remblais (de l'ordre de 2 mètres d'épaisseur) provenant de la destruction volontaire des superstructures des remparts à la fin du 16ème siècle, permet d'imaginer le spectacle que l'on pourrait offrir aux visiteurs. Le rempart d'une largeur de 3 mètres est actuellement conservé sur une hauteur de 4 à 6 mètres selon les endroits. On estime qu'à l'origine il en mesurait 9 à 10. Lesdeux tours cylindriques visibles encore actuellement sur lesquelles bute la galerie casematée ont un diamètre d'environ 15 mètres, et une petite tour d'un peu plus de 5 mètres de diamètre a été également repérée dans les sondages de 1995. La fortification était elle-même protégée sur tout son pourtour et à une distance de 20 mètres par un fossé en eau de 4,50 mètres de largeur environ. Il va de soi que cette mise en valeur doit s'inscrire dans le long terme. Cependant, il n'est pas déraisonnable d'imaginer que des chantiers de fouilles successifs puissent être organisés dans les cinq ans à venir, avec comme objectif l'ouverture au public du site B.